RPS : le rapport accablant de la Cour des Comptes.

La Cour des Comptes pointe les insuffisances "qualitatives" de la politique RH du Ministère.
Les Risques Psycho Sociaux (RPS) sont ainsi les grands ignorés sur le terrain : or ils contribuent à la crise d'attractivité majeure que connait L’Éducation Nationale.

Ce rapport vient conforter l’analyse que porte le Sgen-CFDT depuis plusieurs années !

et notamment :

  • les risques psycho sociaux (RPS) sont majoritaires parmi les risques signalés par les personnels,
  • la mise en place de l’école inclusive s’est faite sans former les personnels,
  • la problématique des élèves « hautement perturbateurs » n’est pas prise en compte à la hauteur de l’impact qu’elle a sur les personnels,
  • les préconisations, textes, dispositifs… (DUER, assistants de prévention, médecine scolaire…) édictés par le Ministère ne sont pas, ou mal, mis en œuvre sur le terrain.

Extraits choisis :

– « La fonction RH n’intègre pas suffisamment dans ses objectifs la prévention et le traitement des risques psycho-sociaux, en augmentation au sein du ministère, soumis à un train de réformes rapide.

Les risques psycho-sociaux constituent la catégorie de risques la plus signalée dans les registres « santé et sécurité au travail » et « danger grave et imminent », soit en moyenne 35 % des signalements dans l’ensemble des structures de l’éducation nationale (écoles, établissement public local d’enseignement – EPLE – et autres services).

– Dans les établissements scolaires, la prise en charge des élèves ayant fait l’objet de mesures d’exclusion répétées ou à besoins particuliers, notamment pour répondre aux obligations de l’école inclusive, sont également signalés comme un facteur croissant d’apparition de RPS auprès des enseignants et des équipes éducatives, insuffisamment formés à la gestion de ces publics.
Les réponses ponctuelles apportées aux situations préoccupantes créées par (…) l’accueil d’enfants perturbant la classe de façon récurrente semblent fortement sous-dimensionnées par rapport au niveau d’inquiétude exprimé par les interlocuteurs rencontrés lors de l’enquête.

– L’ampleur des réponses institutionnelles contraste avec les limites, voire les faiblesses, opérationnelles (…)
l’obligation de production du DUERP est faiblement respectée (puisque seuls 59 % des écoles, 54 % des collèges, 52 % des lycées, et 22 % des autres services ont rédigé ce document).
Lorsqu’il existe, une minorité de structures procèdent à sa mise à jour (entre 8,5 % et 29 %) et, au surplus, y intègrent une analyse des risques psycho-sociaux qui ne concerne qu’entre 10 % et 29 % des documents rédigés.
Concernant le dispositif de prévention, chaque académie est dotée d’un seul Inspecteur Santé et Sécurité au Travail (ISST) ; deux académies ne disposent pas de conseillers prévention académiques, 11 % des départements n’ont pas de conseillers prévention à leur niveau et 10 % des circonscriptions n’ont pas d’assistants de prévention. Certes, le taux de conseillers prévention départementaux exerçant cette fonction à plus de 50 % de leur temps est passé de 28 % à 74,1 % depuis deux ans. Cependant, les quotités de temps allouées aux missions d’assistants de prévention restent le plus souvent inférieures à 20 %. Le ministère indique également que « la pénurie de médecins en général et de médecins du travail en particulier, rend particulièrement difficile l’organisation de la médecine de prévention dans la fonction publique et à l’éducation nationale : 77 médecins du travail sont en poste dans l’ensemble des académies, pour 1 193 378 agents. « 

Fort de ces constats, le Sgen-CFDT continuera à porter le sujet des RPS, notamment lors des instances des CSA Formation Spécialisée.