Maintien du cap de la Ministre : à tribord toute !!!

Nous avions eu une rentrée sans ministre. La nouvelle ministre finalement nommée reste dans la même dynamique que ses prédécesseurs : un cap toujours autant à droite...

Les annonces :
  • Maintien des évaluations nationales obligatoires (facultatives en 5° et 3°)

La Ministre n’est pas à une contradiction près…
« Les derniers résultats le démontrent : grâce à votre engagement quotidien dans nos salles de classe, les élèves progressent » (lettre aux enseignants 12 novembre 2024)
« Face à une indéniable diminution des performances scolaires, je poursuivrai les efforts déjà engagés par mes prédécesseurs » (déclaration devant le Sénat 22 octobre 2024)
  • Programmes :

À la rentrée 2025, entrée en vigueur des nouveaux programmes de mathématiques et de français du cycle 1, 2 et 3 ainsi que ceux de langues vivantes de 6e, 2nde, 1re et Terminale.
À la rentrée 2026,
entrée en vigueur des programmes de mathématiques, français et langues vivantes du cycle 1 au cycle 4 et du nouveau Socle commun de connaissances.
  • Labellisation des manuels dès 2025 : en priorité, français et mathématiques de CP et CE1

L’État financera l’achat de ces manuels pour la rentrée 2025 en réseaux d’éducation prioritaire et dans les communes rurales tout en laissant le choix des manuels utilisés en classe… 
C’est-à-dire que les collègues qui choisissent leurs manuels devront les financer sur leurs deniers ??? Les enseignants en ont bien sur les moyens, eux dont « les rémunérations ont été largement revues de plus de 11% » (rires d’incrédulité) selon la Ministre (minute 14 de l’interview).
  • Les groupes de besoins / niveaux :

– maintien en 6° et 5°

– nouveau rentrée 2025 : 4° et 3° : en classe, une heure par semaine, en groupes de besoins, au sein du volume horaire actuel, en alternance entre mathématiques et français
– hors de la classe, deux fois plus de moyens pour les « Devoirs faits » et les stages de réussite en 4e et 3e.
  • Le Brevet :

2025 : notes séparées pour l’histoire-géographie et l’enseignement moral et civique ; introduction d’une mention « Très bien avec félicitations du jury » (18/20 ou plus).
2026 :
nouvelle répartition entre le contrôle continu (40 %) – constitué de la moyenne des notes de 3e – et les épreuves terminales (60 %).
2027 : brevet obligatoire pour accéder directement à la classe de Seconde générale, technologique ou professionnelle.

  • Le Baccalauréat :

Épreuve anticipée de mathématiques instaurée en Première générale et technologique à partir de juin 2026.

  • Climat scolaire dégradé

La Ministre promet 150 conseillers principaux d’éducation (CPE) et 600 assistants d’éducation (AED) supplémentaires.
 
  • Quid de l’école primaire ?
Nous accompagnons de plus en plus souvent des écoles dans des dépôts de plaintes pour agression, sans aucune aide de l’institution !!! Là encore les annonces dans la presse ne sont absolument pas conformes à la réalité que vivent les enseignants.
Rappelons les propos de la Ministre :
« Je ne céderai absolument rien sur le respect de nos règles et de nos valeurs et ne laisserai rien passer : à chaque fois que l’autorité ou que l’enseignement d’un professeur sera contesté, je lui apporterai mon soutien, sans exception. Dès lors que des faits de ce type se produisent, aucun soutien à nos professeurs ne doit manquer à l’appel, non seulement de la part de l’institution et de leurs collègues, mais également de la part de tous les citoyens français, qui ont tous fréquenté les bancs de nos écoles. Nous devons à nos professeurs ce soutien indéfectible si leur autorité vient à être remise en cause, s’ils sont victimes d’une menace ou agression quelconque ou encore si leur enseignement même est contesté.
La consigne est pourtant claire :
lorsqu’un enseignant est menacé, il doit obtenir la protection fonctionnelle* tout de suite. Celle-ci est systématiquement attribuée, mais parfois après un certain délai – on a récemment porté un exemple à ma connaissance » (discours devant le Sénat du 22/10/2024).
  • Et aussi : jeux olympiques, l’effet FLOP ?

La généralisation des deux heures de sport hebdomadaires supplémentaires au collège est abandonnée : Emmanuel Macron avait annoncé, il y a un an, que le dispositif, mis en place dans 700 établissements, devait être étendu à l’ensemble des 7 000 collèges en 2026. Il va être recentré sur ceux qui sont classés dans les Réseaux d’Éducation Prioritaire (REP). La raison évoquée est d’ordre budgétaire…

 
Quant au 30mn d’activités sportives au primaire, « contrairement aux déclarations officielles, seuls 42 % des écoles appliquent l’APQ (Activité Physique Quotidienne) pour la majorité de leurs élèves, un chiffre bien en deçà des 90 % annoncés par le président de la République », ont relevé les sénatrices Béatrice Gosselin (Les Républicains) et Laure Darcos (groupe Les Indépendants-République et territoires) dans un rapport, publié le 27 septembre.
Enfin le Pass Sport : la « cible » potentielle après avoir été évaluée à 5,6 millions de jeunes, a été ramenée à 1,8 million. Pour la saison 2024-2025, on recense à ce jour 1,15 million de bénéficiaires. Réaction du gouvernement de Michel Barnier : poursuivre ce qu’avait commencé son prédécesseur, à savoir réduire les crédits dévolus au Pass’Sport…