DROITS des FEMMES : pour une réelle égalité

A l'occasion de la journée internationale du 8 mars pour les droits des femmes, constats et revendications portées par la CFDT.

Le constat

Dans le secteur privé, le revenu salarial moyen des femmes était inférieur de 21,8 % à celui des hommes, selon l’Insee (chiffre 2024, publié le 26 février dernier). À temps de travail identique, l’écart est de 14,0 %.

Ces inégalités sont amplifiées à la retraite, avec des écarts moyens de pension de 38% en défaveur des femmes.

Dans le secteur public, dont les femmes sont à la fois les premières usagères et employées, l’écart de rémunération est encore de 9,8 % de rémunération en moins pour les femmes en 2025 (étude de la DGAFP 2025). et de 8,1% à temps de travail égal.

Cet écart est de 10% chez les enseignants, 8,7 % à temps de travail égal

Les causes dans le secteur public

  • A temps de travail égal

Les inégalités salariales s’expliquent principalement par le fait que les femmes et les hommes n’appartiennent globalement pas aux mêmes corps de fonctionnaire et que ceux occupés par les hommes sont mieux rémunérés. C’est l’effet « ségrégation ».

A cela s’ajoute « l’effet démographique » dans chaque corps : la répartition dans les différents grades et échelons dans chaque corps est en défaveur des femmes.

  • A emploi comparable (au sens corps, grade et échelon identiques)

La différence de rémunération entre les deux sexes est encore de 2,1 % en 2025. Elle est due à l’effet « primes » qui concernent majoritairement les hommes.

  • Une partie de la différence de salaire entre les femmes et les hommes relève du temps de travail

Ce sont majoritairement les femmes qui sont contraintes au temps partiel pour assurer les tâches domestiques, parentales ou familiales.

Or mieux articuler vie professionnelle et vie familiale n’est pas compatible avec les mesures rétrogrades récemment appliquées dans la Fonction publique, qui pénalisent en premier lieu les femmes, telles que les 10 % de décote salariale en cas de congés maladie ordinaire y compris pour les femmes enceintes, ou le projet de réduction du nombre de jours d’absence « enfant malade ».

 

Pour la CFDT, l’ égalité réelle entre les femmes et les hommes est un enjeu social et démocratique.

L’égalité professionnelle ne se décrète pas : elle se construit dans la durée, dans les carrières, dans les promotions et dans la reconnaissance financière réelle du travail effectué.

 

La CFDT revendique l’égalité des rémunérations et des carrières entre les femmes et les hommes par :

  • une politique active de promotion et de nomination ;
  • une vigilance sur les régimes indemnitaires ;
  • une lutte contre les mécanismes de ségrégation professionnelle avec la revalorisation des métiers à prédominance féminine;
  • un suivi régulier et transparent des indicateurs.

 

FOCUS : Autorisations spéciales d’absence – parentalité et famille

Un projet de décret concernant les autorisations spéciales d’absence (ASA) liées à la parentalité et à la famille est actuellement en préparation. Les dernières propositions de l’administration pourraient entraîner un recul de droits pourtant déjà acquis.

La CFDT s’oppose à toute remise en cause et exige des droits clairs, renforcés et protecteurs pour l’ensemble des agents.

La CFDT revendique notamment :

12 jours d’ASA pour garde d’enfant malade, par enfant et par famille, quelle que soit la configuration familiale.

Des droits supplémentaires pour les enfants de moins de 5 ans, période durant laquelle la présence d’un parent est particulièrement essentielle.

Des ASA de droit pour les événements familiaux : mariages, PACS et décès d’un proche, sans limite d’âge lorsque l’enfant est concerné.

Des ASA spécifiques pour les proches aidants, afin d’accompagner les personnes en perte d’autonomie.

Au-delà de la question de l’égalité salariale, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes note que les discours masculinistes décomplexés se répandent avec comme corollaire le risque d’une montée des violences sexistes et sexuelles.

« Face aux forces réactionnaires qui s’organisent et qui nient aux femmes le droit à disposer de leur corps, qui prônent leur retour à la maison au nom de [prétendues] valeurs traditionnelles, qui combattent toutes les politiques en faveur de l’égalité, nos organisations syndicales continuent de défendre l’émancipation des femmes et l’égalité réelle avec les hommes, notamment par le travail. »

 

Pour aller plus loin :