Lors du Comité Social d'Administration du Ministériel de l'Éducation Nationale, la CFDT a mis en avant des sujets qu'il est urgent de traiter au niveau national, et au niveau local.
Lors du CSAMEN du 30 juin 2026, la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques, a lu cette déclaration liminaire.
Les sujets abordés concernent le manque de dialogue social, la protection des personnels, la formation initiale des personnels, et la nécessité d’un futur budget à la hauteur des attentes.
Une gestion de la canicule qui ne tient pas compte du dialogue social
Au terme d’un épisode caniculaire très pénible pour nos concitoyennes et concitoyens, nous regrettons que le calendrier des examens ait été prioritaire sur la santé des personnels et des élèves ! Nous avons apprécié la tenue de points ministériels réguliers d’information sur la situation, mais nous regrettons que le dialogue social se soit mué en concertation à sens unique à quelques mesures près.
En effet, là où il nous semblait avoir été entendus, sur le fait de ne pas faire venir des personnels, notamment les AESH et les PE, sur leur lieu de travail quand il n’y avait pas d’élève ou sur le fait de reporter des épreuves le matin ; les applications locales de ces mesures ont été très diversement mises en œuvre et parfois, non appliquées parce qu’il n’y avait pas d’écrit ministériel, tels sont les propos qui nous ont été rapportés !
Par ailleurs, selon les filières, et en particulier pour la voie professionnelle, les personnels n’ont pas eu l’impression d’être traités de la même façon lorsqu’il s’agissait d’aménager les épreuves du bac. Nous regrettons l’absence de prévention primaire qui amène les personnels à travailler dans des conditions très pénibles et inacceptables faute d’aménagement de l’organisation du travail ou de rénovation du bâti scolaire. Et comment expliquer qu’un collège sorti de terre il y a 10 ans ne comprenne pas de persiennes extérieures ou de système de ventilation réfrigérante alors que les problématiques de changement climatique sont connues depuis des décennies avec une concrétisation des hypothèses scientifiques depuis les années 90 !
La responsabilité de l’employeur en matière de protection des personnels doit être active et effective
Nous regrettons que la santé des personnels ne soit jamais une priorité alors qu’il est de la responsabilité de l’employeur et donc du ministère et de ses représentants en académie de veiller à prendre les mesures qui s’imposent pour protéger ses agentes et agents. Une nouvelle fois, les personnels se sont retrouvés, seuls, à subir la situation, à devoir la gérer tant bien que mal.
Nous demandons qu’enfin le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) de chaque établissement, de chaque école soit mis à jour voire élaboré – car en beaucoup d’endroits, il n’existe pas – avec les équipes et que soit intégré le risque de forte chaleur.
Nous demandons qu’à partir de cette évaluation, un protocole local soit élaboré, comprenant les besoins de rénovation thermique ou d’équipements et surtout les mesures à mettre en œuvre en matière d’aménagements de l’organisation du travail et en matière de processus de décision et d’information. Les personnels qui ont pour mission d’encadrer des équipes ou ont la responsabilité doivent être formés aux procédures de santé et sécurité au travail ! Qu’un encadrant réponde à un personnel que le droit de retrait ne s’applique pas en la circonstance de canicule illustre bien les besoins. Il est tout aussi indispensable que les assistants de prévention bénéficient du temps de décharge prévu pour mener à bien leur mission de santé et de sécurité au travail des structures. Il faut cesser de nier la question de la santé au travail.
Les agentes et agents sont prêts à assurer leur mission pour un service public de qualité. Mais ils et elles ont besoin que l’on reconnaisse leurs limites physiques ainsi que celles de leurs élèves et que l’employeur prenne des mesures qui les protègent dans des circonstances qui l’exigent.
La réforme de la formation initiale, autre facteur de forte inquiétude
Outre la canicule, la réforme de la formation initiale est aussi source de dégradation des conditions de travail et d’intensification de la charge de travail. Les affectations des lauréats avec un double concours, un panel de modalité d’affectation très important, les résultats tardifs des concours vont venir gravement impacter la charge des personnels administratifs dans un calendrier interminable au cœur de l’été alors qu’aucun renfort n’est annoncé.
Par ailleurs l’objectif des 50% d’heure assurée par des enseignants de terrain est mis en œuvre pour les LPE avec une recherche d’économie par les DSDEN. Cela produit des aberrations comme la désignation d’autorité de professeurs des écoles maître formateur ou de conseillers pédagogique pour assurer des enseignements en LPE.
Pour la CFDT Education Formation Recherche Publiques, cette façon d’agir n’est pas acceptable.
Le futur budget pour que notre École publique remplisse son rôle de service public
Le projet de loi de finances est en cours de préparation et, pour la CFDT, il doit répondre à plusieurs principes pour que notre École publique remplisse son rôle de service public, très précieux pour notre société. D’abord, il faut répondre aux souhaits des personnels de bénéficier d’une revalorisation salariale générale au niveau indiciaire, mais aussi de mesures de revalorisation catégorielle. La refonte des grilles indiciaires pour une véritable progression et des débuts de carrière supérieurs au niveau du SMIC, notamment pour les catégories B et C, est indispensable. Ensuite, il faut répondre à la nécessité croissante d’offrir un meilleur accompagnement des élèves et un meilleur climat scolaire avec des effectifs de classe réduits et des personnels d’orientation, de santé et de service social, de vie scolaire en nombre suffisent ; les AESH qui remplissent une mission de service public permanente doivent pouvoir accéder à un statut. Enfin, il faut également répondre à la nécessité d’accompagnement RH des personnels et d’administration des services RH en créant au moins 300 postes d’administratifs pour résorber la sous administration qui impacte les services et rendent les conditions de travail de nos collègues administratifs de plus en plus difficiles. La revalorisation de la filière administrative et ITRF doit se poursuivre.
C’est donc à ce prix que notre École publique pourra se reconstruire et tenir sa promesse républicaine d’émancipation et d’évolution sociale. La logique budgétaire ne peut plus servir de prétexte à différer les réponses attendues par les agentes et les agents publics, et par les usagers qui lui confient leurs enfants.