CCP ENSEIGNANTS DU 14 JUIN 2023 – RECTORAT TOULOUSE – DÉCLARATION LIMINAIRE

Un constat inquiétant : notre Ministère a toujours énormément de difficulté à recruter du personnel enseignant, qu’il soit par ailleurs titulaire, ou non titulaire...

Cette Commission Consultative Paritaire est la première de l’année 2023 à se tenir.

Un constat inquiétant : notre Ministère a toujours énormément de difficulté à recruter du personnel enseignant, qu’il soit par ailleurs titulaire, ou non titulaire. Notre institution n’attire plus. Pour autant, des leviers existent pour redonner son attractivité aux métiers de l’enseignement : revalorisation salariale par une meilleure prise en compte de l’expérience et des diplômes, formations adaptées notamment, avant et pendant l’exercice des fonctions.

Présenté hier en CSA Académique, pour le Sgen-CFDT, le PACTE ne répond pas aux attentes des collègues. Lors du dernier CSA Ministériel, l’ensemble des organisations syndicales a d’ailleurs unanimement dénoncé ce dispositif qui va conduire à un alourdissement de la charge de travail des personnels et non pas à une réelle valorisation de leurs missions actuelles.

Notre CCP a notamment pour objet d’examiner des situations individuelles. Force est de constater que nous sommes toujours autant sollicités par des agents en souffrance, en situation de précarité et qui faute de réponse adaptée décident de quitter l’enseignement.

Aussi, les mesures de licenciements annoncées dans l’ordre du jour nous apparaissent comme un signal très inquiétant. Toujours vigilant sur la sécurisation des parcours professionnels, Le Sgen-CFDT sera très attentif à la situation des agents concernés…

Cette CCP est une instance de dialogue social incontournable, à la fois pour les enseignants contractuels de la formation initiale et ceux de la formation continue avec les personnels GRETA-CFA.

Sur le volet de la reconnaissance des personnels et notamment de la rémunération, le Sgen-CFDT demande à ce que l’expérience des agents contractuels recrutés soit mieux reconnue et valorisée, dans l’initial comme dans la formation continue.
A ce titre, le Sgen-CFDT souligne les avancées obtenues lors de GT spécifiques avec la mise en place d’un « protocole contractuels » pour les personnels enseignants non-titulaires de la formation initiale.

Dans un contexte fortement inflationniste, l’augmentation du SMIC le 1er mai a eu des conséquences pour tous les agents de la Fonction Publique. Pour autant, si la réévaluation du traitement minimum des agents est en soi une bonne chose pour les salaires les plus bas, cette progression du SMIC a aussi un autre effet, celui du « tassement » des grilles salariales.

Concrètement, cela signifie que le SMIC est désormais supérieur aux montant prévus aux plus bas échelons, phénomène qui concerne au premier chef les personnels enseignants des GRETA dont la grille nationale issue du décret 93-412 du 19 mars 1993, n’a pas été revalorisée depuis 30 ans !

Dans notre académie, trop peu de personnels dans le réseau des GRETA ont accès à la 1ère catégorie de cette grille alors qu’ils remplissent toutes les conditions pour ce faire (diplôme Bac + 5).

De plus, aucun personnel n’est classé en Hors-Catégorie alors que là encore beaucoup de collègues titulaires d’un Bac + 5 et plus, et enseignant uniquement face à des publics Post Bac, peuvent y prétendre selon la réglementation en vigueur.
Des collègues titulaires d’un BAC + 5 avec une expérience importante se sont vu proposer des salaires tout près du SMIC. Et ont quitté naturellement le Réseau des GRETA-CFA pour aller à la concurrence.

Comme cela a été proposé et acté pour les collègues de l’initial, nous profitons de cette CCP pour interpeller Monsieur le DRAFPICA afin qu’un « protocole contractuels » pour les personnels enseignants des GRETA-CFA soit mis en place dans les meilleurs délais, afin d’apporter une meilleure reconnaissance à tous les personnels contractuels relevant de la catégorie A au sein du réseau des GRETA-CFA, et d’en améliorer ainsi son attractivité.

Après plus de dix années de gel du point ou de sous-revalorisation, le décrochage des rémunérations dans la fonction publique et l’Éducation Nationale atteint un niveau catastrophique, d’où la difficulté de recruter actuellement.
Selon une étude récente de la DARES, 329 000 postes d’enseignants seront à pouvoir d’ici à 2030, mais seulement 261 000 jeunes sortis d’études débuteraient dans ce métier… 68 000 postes resteraient donc non pourvus !

Il y a donc urgence à agir pour redonner de l’attractivité aux métiers de l’enseignement, et leur redonner du sens !

Pour terminer cette déclaration, nous rappelons que la CFDT-Fonctions-publiques, en intersyndicale, a envoyé un courrier au Ministre de la Transformation et de la Fonction Publique dans lequel elle demande des mesures d’urgence pour le pouvoir d’achat.

Les annonces récentes d’une très faible augmentation du point d’indice au 1er juillet 2023 (1,5%) ne suffiront pas à rassurer les personnels.

Pour le Sgen-CFDT, c’est un véritable choc d’attractivité qu’il faut pour redynamiser tout le système éducatif et contribuer ainsi à la réussite de tous les élèves et apprenants