Le Ministre vient d'annoncer un certain nombre de mesures pour les écoles et les collèges censées compenser... les carences du Ministère de l'Education nationale !
La CFDT demande de longue date une réactualisation de la carte des écoles « politiques de la ville » et celle de l’éducation prioritaire
- La carte des écoles relevant des « quartiers politique de la ville » n’a pas été réactualisée depuis… 2001. Ainsi, certaines écoles se trouvant pourtant dans ces quartiers ne sont pas reconnues comme telles. Une situation que nous dénonçons depuis plusieurs années ! Car les personnels exerçant dans ces écoles se trouvent lésés : ils ne peuvent bénéficier de la bonification de points dans le barème des mutations qui devrait leur être accordée.
Après un dialogue infructueux avec le ministère sur le sujet, la CFDT vient de déposer un recours au Conseil d’Etat.
- La carte de l’Education Prioritaire REP et REP + (un collège public sur cinq pour 1,7 million d’élèves) nécessite, elle aussi, une « remise à jour » depuis… 2015. Elle devait, à l’origine, être revue tous les 4 ans. Or le Ministre dit ne pas pouvoir engager cette refonte avant… 2027 pour cause d’élection(s) – soit 12 ans sans modifications – conduisant à des situations aberrantes !

Ainsi, comme le rapporte le Monde, le découpage actuel de l’éducation prioritaire inclut 21 collèges dont les IPS sont supérieurs à la moyenne nationale.
Ce sont même 5 collèges avec IPS supérieur à 110 qui sont classés en REP ou REP+alors qu’ils sont parmi le quart le plus favorisé de France !
Il omet en revanche 118 établissements dont l’indicateur social est inférieur à celui de la moyenne des établissements de REP.
Pire, 24 collèges avec un IPS inférieur à 80 – soit des établissements comptant parmi les 9 % les plus précaires – en sont exclus !
Le Ministre vient donc d’annoncer diverses mesures pour répondre aux difficultés sociales les plus aigües de 21 collèges (et leur bassin d’écoles) dans 11 académies (Clermont-Ferrand, Lyon, Montpellier, Versailles, Nancy-Metz, Strasbourg, Créteil, Lille, Guadeloupe, Martinique, Orléans-Tours) et de 66 écoles les alimentant (celles ayant un IPS faible) à la rentrée 2026.

Des dispositions pour les collèges :
• un pôle médico-social avec un psychologue de l’éducation nationale (PsyEN), un infirmier et un assistant social à temps complet ;
• une attention particulière portée au nombre d’élèves par classe, pour chaque niveau ;
• une indemnité pour mission particulière, transitoire dans l’attente de la révision globale de la carte de l’éducation prioritaire, pour les professeurs ;
• une bonification RH mobilité, à partir de trois ans d’exercice.
Des dispositions pour les écoles maternelles, élémentaires ou primaires :
• une attention particulière portée au nombre d’élèves par classe ;
• une possibilité, en primaire et élémentaire et sur projet pédagogique, d’un poste de professeur des écoles supplémentaire ;
• une indemnité pour mission particulière, transitoire dans l’attente de la révision globale de la carte de l’éducation prioritaire, pour tous les professeurs d’école et de collège ;
• une bonification RH mobilité, à partir de trois ans d’exercice.
Une centaine d’écoles dites « orphelines » – ne dépendant pas d’un collège REP/REP+ mais ayant un IPS < 90 – devraient également entrer dans ces dispositions.
Mieux vaut peu que rien…
MAIS :
– les moyens alloués seront des redéploiements et non des moyens supplémentaires,
– la prime versée à des personnels qui devraient relever de REP+ sera d’un montant inférieur au niveau de la prime REP,
– il faudra faire un projet dans un délai qui s’annonce très court pour avoir le PMQC (Plus de Maitre Que de Classe),
– on n’avance toujours pas vers une refonte de la carte de l’Éducation Prioritaire (le Ministre prévoit 18 mois « d’études » pour parvenir à une nouvelle version),
– le ciblage est vraiment très restreint.
Parallèlement à ces mesures destinées aux établissements présentant des difficultés sociales, le Ministre a proposé un plan d’aide aux établissements présentant des difficultés scolaires.
800 collèges ont été identifiés par le Ministère selon ses propres critères. Cela concerne la proportion d’élèves ayant obtenu moins de huit aux épreuves terminales du DNB en français et en mathématiques. Un plan qui, là aussi, se fera à moyens constants…
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