Lycées en ébullition : ce que le gouvernement a trop longtemps ignoré.

La CFDT Éducation dresse un bilan sans détour des réformes qui ont fragilisé les lycées. Un constat : les alertes étaient là, depuis des années.

Un problème connu, pas une surprise

Un gouvernement qui feint de découvrir la situation des lycées prêterait à sourire. Sauf que la réalité est plus préoccupante : cette dégradation s’est construite au fil des réformes, des alertes ignorées et des difficultés accumulées.

Le ministère ne découvre pas le problème. Il se heurte à ce qu’il a trop longtemps refusé de voir.

Les alertes répétées de la CFDT Éducation

La CFDT n’a cessé de signaler les risques sur tous les fronts :

– Parcoursup : procédure complexe, effets anxiogènes pour les élèves et leurs familles
– Réforme du bac : modalités d’évaluation lourdes (E3C), déconnectées du terrain
– Réforme du lycée général : spécialités qui complexifient les emplois du temps, journées étalées sur de larges plages horaires
– Lycée professionnel : mêmes mises en garde, mêmes vérifications sur le terrain
– Pacte : revalorisation collective inaboutie, problèmes de remplacement non résolus
– Groupes de niveaux : contraintes d’organisation ajoutées, dispositif finalement abandonné
– Bâti scolaire : chaleur, qualité de l’air, locaux vétustes, maintenance défaillante

Sur chacun de ces sujets, les personnels ont exprimé leurs inquiétudes, signalé les impasses et réclamé des réponses.

Décider d’abord, écouter ensuite

Le schéma se répète à chaque réforme : décider, produire des tableaux, des circulaires, des calendriers… et laisser aux personnels le soin de faire tenir debout ce qui vacille déjà.

À eux de compenser, de bricoler, d’encaisser les contradictions :

– Construire des emplois du temps impossibles ;
– Expliquer aux familles ce qu’ils ne maîtrisent pas toujours eux-mêmes ;
– Appliquer des réformes dont les conditions de mise en œuvre n’ont pas été pensées ;
– Gérer les tensions quand les promesses faites aux élèves ne deviennent pas réalité.

Un lycée ne fonctionne pas sur un tableur Excel. La théorie est une chose. Le terrain en est une autre.

Des violences qui ne sont pas isolées

La CFDT condamne toute violence contre les personnels. Mais elle refuse qu’on traite ces faits comme des phénomènes isolés, sans regarder ce qui nourrit la tension quotidienne :

– Accumulation des réformes sans temps d’adaptation ;
– Manque de moyens et injonctions contradictoires ;
– Perte de sens et surcharge de travail chez les personnels ;
– Choix de spécialités contraints par l’offre locale ;
– Parcours d’orientation de plus en plus complexes ;
– Inquiétudes sur l’accès aux études supérieures.

Ce sont les proviseurs, les adjoints et les équipes éducatives qui prennent les coups.

Ce que la CFDT demande

Pas de médaille de la clairvoyance. Simplement : cesser de confondre décision et efficacité, théorie et réalité, réforme et progrès.

Les politiques éducatives doivent être construites avec les personnels, pas contre eux ou sans eux. Écouter ceux qui font fonctionner les lycées, ce n’est pas perdre du temps. C’est s’éviter une escalade que seul le gouvernement n’avait pas vue venir.

 

COMMUNIQUE DE PRESSE INTERSYNDICAL DU JEUDI 07 OCTOBRE 2026