Résultats PISA 2025 : Baisse des performances en France, creusement des inégalités et impact des écrans.

Tous les trois ans, l’enquête internationale PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves ) - créée par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) - met le monde éducatif en émoi : ce sera encore le cas cette année !

L’enquête PISA 2025, qui évalue les compétences des jeunes de 15 ans en sciences, mathématiques et lecture, révèle une tendance inquiétante : une baisse quasi universelle des résultats au sein de l’OCDE, avec une situation particulièrement critique en France. Si la persévérance des élèves reste un atout, le déterminisme social et la relation pédagogique sont pointés du doigt.

📉 Un recul généralisé : Moins d’élèves excellents, plus d’élèves en difficulté

L’enquête PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) ne mesure pas seulement la maîtrise des programmes, mais la capacité à mobiliser des connaissances dans la vie réelle. Depuis 2000, la France suit la tendance moyenne de l’OCDE avec une polarisation accrue : augmentation des élèves en grande difficulté et effritement de l’élite scolaire.

Le seuil critique du « Niveau 2 »

Être en dessous du niveau 2 signifie être en grande difficulté : l’élève est incapable d’utiliser ses compétences de base pour acquérir des connaissances ou résoudre des problèmes pratiques.

  • Mathématiques : La part des élèves en difficulté augmente fortement, passant de 29 % en 2022 à 36 % en 2025.
  • L’élite en voie de disparition : La proportion d’élèves très performants (au-dessus du niveau 4) chute drastiquement depuis 2003. Ils ne représentent plus que 5 % des élèves de 15 ans en France en 2025, contre 8 % en moyenne dans l’OCDE (ils étaient 15 % en France en 2003).

📚 Analyse par domaine : Écarts filles-garçons et stabilité en sciences

Compréhension de l’écrit : Les filles devancent les garçons

Comme dans tous les pays de l’OCDE, les filles obtiennent des scores significativement supérieurs.

  • En difficulté : 39 % des garçons sont sous le niveau 2, contre 26 % des filles.
  • Excellence : En revanche, l’écart se resserre au sommet : 5 % des filles et 4 % des garçons dépassent le niveau 4.

Culture mathématique : L’avantage masculin persiste

Les garçons français maintiennent des performances supérieures à celles des filles dans ce domaine, bien que le niveau global baisse pour tous.

Culture scientifique : Des résultats stables

Contrairement aux autres domaines, les résultats en sciences restent stables en France. (Le détail complet du volet sciences est à paraître).

🧠 Le moral des troupes : Persévérance et état d’esprit

Malgré ces résultats chiffrés, un point positif ressort : le mindset des élèves français.

  • Persévérance et curiosité : Les élèves français se déclarent plus persévérants et curieux que la moyenne OCDE.
  • Confiance en l’intelligence : 81 % d’entre eux pensent que leurs capacités intellectuelles peuvent évoluer (contre 69 % en moyenne OCDE), un levier essentiel pour la remédiation.

🔍 Les causes identifiées : Écrans, famille et climat scolaire

Le rapport met en lumière plusieurs facteurs explicatifs de cette baisse.

1. L’usage récréatif des écrans

PISA confirme une corrélation nette entre l’usage des outils numériques pour le loisir à l’école, la distraction et la baisse de performance.

  • Temps d’écran en France : Les élèves déclarent 4,9 heures d’utilisation quotidienne (hors week-end), dont 3 heures pour les loisirs.
  • Comparaison : Ce temps de loisir (3h) est inférieur à la moyenne OCDE (3,4h). Pourtant, des pays performants comme l’Estonie ou la Pologne affichent des temps d’écran plus élevés, suggérant que c’est l’usage (récréatif vs pédagogique) plus que la durée qui impacte les résultats.

2. Un soutien familial en baisse

Le décrochage du lien famille-école est marqué en France.

  • Chute de l’intérêt parental : Seulement 49 % des élèves déclarent que leurs parents s’intéressent au moins une fois par semaine à leurs apprentissages (contre 63 % en 2022). La moyenne OCDE est de 58 %.
  • Impact direct : Le simple fait qu’un parent demande ce que l’enfant a fait à l’école est associé à un gain de 26 points en sciences, indépendamment du milieu social.

3. Un déterminisme social plus fort qu’ailleurs

La France reste l’un des pays où l’origine sociale pèse le plus lourd sur la réussite.

  • Écarts de scores : La différence entre élèves très favorisés et très défavorisés est de 91 points en lecture (moyenne OCDE : 77) et de 95 points en mathématiques (moyenne OCDE : 83).

4. Une relation pédagogique à repenser

  • Objectifs flous : Les élèves français peinent à se fixer des objectifs car ceux-ci ne sont pas assez explicites et mesurables pour eux et leurs familles.
  • Manque de demande d’aide : Par peur ou manque de confiance, les élèves sollicitent trop peu d’aide, laissant s’installer les incompréhensions. Le soutien perçu des professeurs est inférieur à la moyenne OCDE.
  • Climat de classe dégradé : La France signale fréquemment des perturbations en classe qui fragilisent l’attention et réduisent le temps d’apprentissage effectif.

🏛️ Réaction du Ministère : Vers plus de clarté pour les familles

Face à ce constat, le Ministre de l’Éducation nationale a annoncé une mesure concrète pour renforcer le lien avec les familles et clarifier les attendus :

À partir des vacances de la Toussaint 2026, chaque famille recevra un document synthétique d’une page, rédigé en langage simple, détaillant les objectifs d’apprentissage principaux de l’année de son enfant.

Dès la rentrée 2027, ce document sera remis systématiquement en début d’année scolaire.

Cette mesure vise à permettre aux parents de mieux accompagner leurs enfants et aux élèves de visualiser clairement leurs progrès, répondant ainsi au besoin d’objectifs explicites identifié par PISA.

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