Publié en mai 2026, le rapport IGÉSR-IGAS sur le rôle et les missions des AESH dresse un état des lieux de l'école inclusive en France. Si certaines pistes d'évolution méritent d'être étudiées, la CFDT Éducation académie de Toulouse reste vigilante quant aux conséquences des réformes envisagées.
CONSTATS ET PROPOSITIONS DU MINISTERE
Le rapport IGÉSR-IGAS publié en mai 2026 sur le rôle et les missions des AESH relance le débat sur l’avenir de l’école inclusive. Ce document dresse un constat que les personnels connaissent bien : malgré les progrès réalisés ces dernières années, l’inclusion scolaire reste confrontée à des difficultés structurelles et repose encore largement sur l’engagement quotidien des AESH.
Le rapport souligne l’augmentation importante du nombre d’AESH depuis 2017 et reconnaît leur place essentielle dans la scolarisation des élèves en situation de handicap. Pourtant, les difficultés persistent : accompagnements insuffisants, besoins non couverts, conditions d’emploi précaires, temps incomplets imposés et manque de perspectives professionnelles.
Face à cette situation, le ministère a présenté plusieurs pistes d’évolution. Parmi elles figurent le développement des Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS), une transformation progressive des modalités d’accompagnement et la création d’un nouveau cadre d’emploi qui ne concernerait qu’une partie des AESH.
LA CFDT INTERROGE
Pour la CFDT Éducation de l’académie de Toulouse, le constat posé par le rapport est utile, mais les réponses envisagées ne peuvent ignorer la réalité vécue par les personnels.
L’objectif d’une école plus accessible est une ambition que nous partageons. L’inclusion ne doit pas reposer uniquement sur l’accompagnement humain. Elle nécessite également des adaptations pédagogiques, une formation renforcée de l’ensemble des personnels, des outils adaptés et des établissements accessibles à tous les élèves.
Cependant, cette évolution ne doit pas conduire à diminuer les droits des élèves ni à fragiliser davantage les AESH. L’accompagnement humain demeure indispensable pour de nombreux élèves et ne saurait être remplacé par une simple réorganisation des dispositifs.
La CFDT Education s’interroge également sur les propositions visant à ne reconnaître statutairement qu’une partie des AESH. La création d’un nouveau métier ou d’un nouveau statut réservé à un nombre limité de personnels risque d’installer durablement une profession à plusieurs vitesses. L’amélioration des parcours professionnels ne peut se construire en laissant de côté la majorité des AESH.
Les interrogations sont tout aussi fortes concernant le déploiement des PAS. Si ces dispositifs peuvent permettre une meilleure coordination des acteurs, ils ne doivent en aucun cas remettre en cause les droits garantis aux élèves en situation de handicap ni conduire à une gestion des moyens fondée sur les seules ressources disponibles.
LA CFDT REVENDIQUE
Pour la CFDT Education de l’académie de Toulouse, la réussite de l’école inclusive passe par plusieurs exigences :
- une reconnaissance professionnelle de tous les AESH ;
- une amélioration significative des rémunérations ;
- l’accès à des temps de travail choisis et permettant de vivre dignement ;
- une formation initiale et continue renforcée ;
- de véritables perspectives d’évolution professionnelle ;
- le maintien d’un accompagnement adapté aux besoins de chaque élève.
L’inclusion scolaire ne se résume pas à une question d’organisation administrative. Elle constitue un choix de société qui nécessite des moyens à la hauteur des ambitions affichées.
La CFDT Éducation de l’académie de Toulouse continuera à porter une école inclusive fondée à la fois sur l’accessibilité, la qualité de l’accompagnement et la reconnaissance de celles et ceux qui la rendent possible au quotidien .