Le 29 septembre la CFDT Éducation appelle à se mobiliser pour exiger une revalorisation salariale indispensable !
MARDI 29 SEPTEMBRE
GRÈVE ET MANIFESTATION

La DEPP a publié sa note d’information annuelle sur la rémunération des enseignant.es (à N-2 soit 2024).
Elle rencontre un certain écho politico-médiatique, au moment-même où se construit le budget de l’Etat pour 2027. Le traitement médiatique de cette note laisse en effet entendre au grand public que tous les enseignants auraient une rémunération qui s’élève à 3090 euros.
En 2024 la rémunération mensuelle nette avant imposition des enseignants s’élevait à 3090 euros… en moyenne, en incluant la totalité des primes, indemnités et missions ou heures supplémentaires rémunérées et en considérant toutes les catégories de personnels, du professeur des écoles à l’agrégé ou professeur de chaire supérieure. Précision utile : les personnels contractuels, plus de 8% des enseignants désormais, bien davantage dans certaines académies, et les enseignants à Mayotte n’ont pas été inclus dans cette étude. Enfin cette moyenne est mécaniquement « majorée » en raison du vieillissement de la population enseignante, la moyenne d’âge des enseignants se situant autour de 45 ans.
3090€ c’est donc loin d’être la réalité pour bon nombre des enseignantes et enseignants travaillant dans les écoles et dans les collèges et lycées.
C’est, au mieux, entre 22 et 25 ans de carrière, et davantage pour les professeur·es des écoles, avant d’obtenir une telle rémunération ! Et cela concerne certains enseignants des collèges et lycées, le plus souvent des hommes, en assurant des heures ou des missions supplémentaires en plus de la mission d’enseignement. principale…Seulement un tiers des professeurs perçoivent plus de 34 000 euros par an, contre la moitié des autres cadres fonctionnaires selon le ministère de l’éducation nationale dans une étude publiée en mars.
La note met aussi en avant une hausse du salaire net moyen de 5,2% en euros constants pour les enseignant·es entre 2023 et 2024. C’est effectivement davantage qu’entre 2023 et 2022 (1,6%) : entre l’augmentation du point d’indice de la fonction publique (+1,5% au 1er juillet 2023), la revalorisation des ISAE et ISOE, la prime d’attractivité versée à certain·es agent·es ou le relèvement du taux de passage à la hors-classe, 2024 fut une année un peu plus faste. La CFDT, qui a revendiqué et ferraillé pour cela, ne dira pas que ce n’est rien. Rappelons toutefois que la croissance des primes (« l’indemnitaire ») et non du salaire (« l’indiciaire ») pose le problème à venir des pensions de retraite, les primes n’étant pas prises en compte dans le calcul de cette pension.
Mais avant ? Et depuis ?
En quelques décennies c’est 25% de perte du pouvoir d’achat qu’ont subi les enseignants, sans compter la suppression de la GIPA qui compensait l’inflation, l’instauration du jour de carence et la baisse de l’indemnisation des congés maladie…
Ce décrochage du salaire des enseignants est une réalité largement documentée. Au niveau international, les rémunérations des enseignants français avec quinze ans d’ancienneté restent inférieures de 16 % à celles de la moyenne des autres pays de l’OCDE.
Si la revalorisation des débuts de carrière permet aujourd’hui à un enseignant débutant d’atteindre 2 100 euros net par mois (contre 1 700 euros en 2020), il lui faudra près de quinze ans pour dépasser 2 300 euros net. Ce « tassement » de la grille indiciaire qui explique cette faible évolution des salaires impacte fortement l’attractivité du métier, d’autant que le temps de travail moyen des enseignants est évalué à 41 heures par semaine selon une étude ministérielle.
La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques avec la CFDT Fonction Publique et en intersyndicale appelle à la mobilisation des enseignantes et enseignants pour réclamer une revalorisation salariale juste et nécessaire !
